Illustration d'un charpentier gaucher pour illustrer l'obsession de l'accent anglais parfait« Cherche gaucher pour planter des clous à gauche. »

Bizarre, cette offre d’emploi 😳. Parce que « gaucher » n’est pas une qualification. Ce n’est pas parce que tu es gaucher que tu es qualifié pour planter des clous, qu’ils soient à gauche ou à droite.

Natif anglais non plus. Ce n’est pas une qualification, et ce n’est pas parce que tu es né anglais que tu seras un bon formateur.

Cette obsession du « formateur natif » vient d’une autre obsession typiquement française : l’accent ! Ou plutôt, la peur de parler anglais avec un accent français.

Je parle anglais avec un accent français, parce que je suis française. Je l’ai déjà expliqué dans de nombreux articles, dont notamment celui que je te mets en lien ci-dessous, ce qui compte vraiment, c’est la prononciation et l’accent tonique.

Lien vers l’article.

Mais alors, d’où vient cette obsession pour – ou plutôt contre – l’accent français quand on parle anglais ? A quoi tient cette idéal de l’accent qui se fond totalement ?

Je te propose quelques pistes – qui vont peut-être te faire grincer des dents 😬 

 

L’ accent, c’est une couleur, pas une erreur

Franchement, combien d’Anglais ou d’Américains prononcent le « r » français à la perfection ? Pourtant, on les adore quand ils parlent notre langue avec leur accent à eux ! Prends Hugh Grant : il parle français avec un accent américain ou british assumé, et ça ne l’ empêche ni de séduire le public, ni de se faire comprendre. Au contraire, ça lui donne du charme ! 

 

L’obsession de la perfection de l’accent

Illustration d'une écolière qui travaille son accent anglaisOn a grandi avec l’idée que bien parler une langue étrangère, c’est la parler sans accent – comme si on pouvait effacer toute trace de notre identité linguistique d’un coup de baguette magique. À l’école, on nous corrige sur la prononciation, on nous fait répéter, on nous dit qu’il faut « bien » parler. Résultat : on finit par complexer, à croire que notre accent est une faute, une honte, un truc à cacher coûte que coûte.

L’éducation linguistique en France joue un rôle central dans la façon dont les élèves perçoivent leur accent, notamment lorsqu’ils parlent une langue étrangère comme l’anglais. Depuis longtemps, l’école française a mis l’accent (sans mauvais jeu de mots) sur la « bonne prononciation » et l’idéal d’un accent natif, ce qui a pu générer une forme d’insécurité linguistique chez de nombreux apprenants.

Alors oui, il y a des sons anglais qui n’existent pas en français, et inversement. Oui, le fameux « th » ou le rythme des phrases peuvent nous trahir. Mais est-ce vraiment grave ? Est-ce que ça t’empêche de commander un café à Londres, de demander ton chemin à New York ou de discuter avec un collègue à Dublin ? Non. Alors pourquoi se prendre la tête ?

 

La peur du ridicule

Et puis, il y a aussi la peur du jugement. On a peur qu’on se moque de nous, qu’on nous trouve ridicules. Mais en réalité, la plupart des gens sont bienveillants. Les Anglais, les Américains, les Irlandais, les Australiens… Ils sont souvent impressionnés par le fait qu’on parle leur langue, même avec un accent. Ils savent que l’anglais n’est pas facile, et ils apprécient l’effort.

En réalité, l’accent, c’est la trace de ton histoire, de tes voyages, de ton apprentissage. C’est la preuve que tu as osé sortir de ta zone de confort, que tu as essayé de parler une autre langue, de te connecter avec d’autres cultures. Ce n’est pas une faute, c’est une richesse. Et puis, un peu d’accent français, ça peut même faire sourire et briser la glace en réunion. L’important, c’est de se faire comprendre, de s’exprimer sans peur, et d’oser parler, même si on ne ressemble pas à un livre audio de la BBC.

 

Decolonize English

Pendant des années, le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL), sur lequel s’appuient tous les programmes scolaires, plaçait le locuteur natif comme référence ultime à atteindre, ce qui pouvait donner l’impression que tout accent étranger était un défaut à corriger. Cette vision a évolué grâce à la révision du CECRL en 2021, qui privilégie désormais le principe d’intelligibilité : l’objectif n’est plus de parler comme un natif, mais de se faire comprendre par n’importe quel locuteur, qu’il soit natif ou non. L’accent étranger est maintenant reconnu comme faisant partie de l’identité du locuteur, et il est possible d’atteindre le niveau le plus élevé (C2) même avec un accent français perceptible.

Illustration d'un dieu indien en lien avec l'obesession de l'accent anglais parfaitCe mouvement de « décolonisation de la langue anglaise » permet aussi de valider des locuteurs avec un accent indiens ou néozélandais — qui sont finalement des natifs eux-aussi 💁🏻‍♀️.

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